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L’événement qui aura lieu à Ngaoundéré le 04 décembre prochain ambitionne de drainer du beau monde dans la métropole de la région du château d’eau.

Au Cameroun, le Grand Nord constitue une tendance vestimentaire à part entière. Malheureusement la diversité et les potentialités de ce domaine sont méconnues du grand public. « Nous savons dans le Sud du pays que tous ceux qui portent des boubous sont des musulmans. Mais j’ai été surpris de voir à Ngaoundéré que nous sommes loin de la réalité et que tout le monde peut porter ces vêtements » s’exclame Armelle, élève à Ngaoundéré. Dans la perspective de proposer le meilleur de la mode du septentrion, les promoteurs du secteur, encadrés par le Groupe FAD’ART, ont initié une plateforme dénommée Sahel Fashion Night. La structure porteuse est spécialisée dans la promotion desvaleurs locales et l’encadrement des talents.

L’événement vise à mettre en valeur et surtout faire consommer la mode sahélienne. « Le 04 décembre à Ngaoundéré, le public aura la possibilité de vivre un défilé riche en couleur et doublé d’un spectacle captivant avec des artistes de prestige. Nous aurons sur un même plateau de belles coupes, de belles silhouettes et de belles voix. Que des beautés donc pour combler la curiosité des nombreux mordus de la mode. » déclare Rodrigue Tapeo, coordonateur de Fad’Art. Ce dernier ajoute que l’événement devra à terme conforter le potentiel de la mode sahélienne au Cameroun et dans la sous-région Afrique centrale.
La vie des acteurs de ce secteur n’est pas un jeu de pédale dans cet environnement. Très peu parviennent à joindre les deux bouts avec leur savoir-faire. La soirée de gala avec au premier plan ceux qui œuvrent chaque jour au développement des métiers de la mode sahélienne est une manière d’interpeller les partenaires à soutenir ce domaine. « Cela fait cinq ans que je couds et je ne saurais dire pour le moment que ça va. Certes, on a les clients mais très peu sont capables de payer le travail de création que nous faisons à hauteur du prix voulu. On est donc obligé de gérer les petits frais pour pouvoir satisfaire même les moins nantis. » revèle AKB, styliste engagé dans cette cause.

mannequinsLe cas de ce styliste n’est pas isolé. D’autres comme lui rament difficilement mais ne désespèrent pas. « Le monde de la mode est un domaine qui nécessite beaucoup de patience. Il faut prendre le temps de bien apprendre pour pouvoir devenir une référence que les clients recherchent. Si c’était une question d’argent, je pense que j’aurais abandonné mais la mode c’est ma passion. » renchérit DN, tailleur dans la ville. Pour tracer le chemin à cette vision, la première édition a été placée sous le thème “Mode et émergence culturelle”. Le concept constitue une innovation culturelle et prospective de ce secteur quelque peu oublié dans la partie sahélienne du pays.
Pour Mahmoudou Elmody promoteur culturel, il est question d’induire des changements positifs au profit des véritables acteurs de la mode dans le septentrion. Ce dernier souligne que ce sont ces raisons qui ont poussé à solliciter l’artiste Dany Muna pour animer la soirée. Plus de 500 invités sont d’ores et déjà annoncés pour plus de dix stylistes et 30 mannequins mobilisés pour cette grande saga de la mode sahélienne. En attendant le jour-J, les promoteurs travaillent avec les élites locales et partenaires pour que la fête de la mode connaisse un succès retentissant.

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